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L’histoire des terrains de l’Aéroclub
Aix-Marseille
La question des terrains s’est évidemment posée dès les débuts de l’aviation. Sans doute les premiers aéroplanes n’avaient pas besoin de grands espaces. N’importe quel terrain plat et dégagé pouvait faire l’affaire. Les aviateurs utilisèrent pour leurs essais et les premiers meetings les « champs de manœuvre » militaires et les « champs de courses ». C’est ainsi qu’entre 1910 et 1913 eurent lieu quelques meetings sur un champ de manœuvre à Aix-en-Provence et sur l’hippodrome du parc Borely à Marseille. En 1910 l’Aérodrome de La Crau à Miramas fut aménagé. Deux meetings y ont été organisés en mars et juin 1910. Mais isolé et très venté il fut rapidement abandonné.
Le 11 mai 1912, un premier vol d’aéroplane est réalisé sur l’ancien champ militaire du Pas-des-Lanciers, à proximité de Marignane.
« L’aérodrome du Pas-des-Lanciers – L’aérodrome du Pas-des-Lanciers est en bonne voie d’organisation. On s’occupe déjà du tracé d’une vaste piste et du choix des emplacements des tribunes, hangars, etc.
La situation de cette immense plaine de près de 300 hectares, dépourvue de tous arbres, est vraiment ravissante. D’un côté, elle domine la vallée de l’Estaque, l’étang de Berre, et, de l’autre, l’œil se perd sur les collines lointaines et rougeâtres de Vitrolles qui surplombent la voie ferrée de Marseille Rognac.
Des propositions intéressantes ont déjà été faites aux organisateurs. Aussi ne doutons nous pas du succès de cet aérodrome, où les Marseillais se rendront toujours en foule, quand des fêtes y seront données. »
L’industriel marseillais M. Jeansoulin y établit une école d’aviation, construit des hangars et balise une piste en herbe. À l’occasion de l’inauguration du terrain les 18 et 19 mai 1912, un meeting aérien réunit environ 6 000 spectateurs. L’aérodrome sera actif jusqu’aux années 1920 et accueillera plusieurs pionniers de l’aviation française, tels qu’Albert Kimmerling, Hanouille, Jules Védrines et Brindejonc des Moulinais. Au début des années 30 (et jusqu’en 1942) la section de vol à voile de l’Aéro-Club de Provence va s’installer sur le terrain de Pas-des-Lanciers.
L’aérodrome de Marignane sera inauguré en 1922. L’histoire est évoquée dans un article Wikipédia Aéroport Marseille-Provence — Wikipédia
Il faut attendre la seconde moitié des années 1930 pour qu’un terrain d’aviation permanent soit installé à Aix-en-Provence. A partir de 1930, l’aviation de tourisme se développe avec le Club Provençal de Tourisme Aérien (CPTA) et l’Aéro Club de Provence (ACP). Les deux clubs, basés à Marignane, finiront par fusionner fin 1935. A cette époque l’ACP qui souhaitait disposer de son propre aérodrome, trouve des terrains à Aix-en-Provence. Les fonds nécessaires à l’achat sont réunis grâce à des loteries et un emprunt auprès du casino d’Aix-En-Provence. Les travaux d’aménagement sont entrepris. Un article de « L’Azur » de septembre 1935 fait le point sur leur avancement : drainage et nivellement de la plate-forme, abattage d’arbres gênants, détournement d’un chemin et d’une ligne électrique de 12.000 volts ! Construction d’un Club House avec restaurant, et de deux hangars dont l’un sera financé par Renault[17]. Ainsi naquit le terrain de l’Enfant, du nom du Château à côté duquel il est situé. L’ACP s’y installe en 1936 ; il sera officiellement inauguré le 9 mai 1936 en présence du Ministre de l’Air, le Général Denain. Le terrain, bien que privé, est ouvert à la Circulation Aérienne Publique (CAP) et figure dans le Bulletin de la Navigation Aérienne 1936 et dans le guide aérien du Touring Club de France de 1937.
En 1938, l’état-major de la 4ème région aérienne installé à Aix-En-Provence souhaite disposer d’une piste et d’un hangar pour ses avions de liaison. L’utilisation du terrain de l’Enfant est envisagée. La revue de l’ACP, «L’Azur» de mai 1938 évoque ce projet dans le compte rendu d’une visite du Général d’Astier de la Vigerie commandant la 4eme région, le 1er mai sur le terrain de l’Enfant :
«Le général a ensuite parcouru le terrain pour se rendre compte des possibilités d’agrandissement, notamment la création d’une bande transversale, et voir le meilleur emplacement qui conviendrait pour le hangar militaire annoncé. Il est, en effet, presque certain que, d’accord avec notre Club, notre terrain sera utilisé par les avions de l’Etat Major d’Aix-en-Provence, ce qui ne manquera pas de faciliter énormément ses liaisons aériennes de service ».
Néanmoins, le projet ne se réalisera pas, en raison des dimensions insuffisantes du terrain (500mx600m). Finalement l’Etat décide d’aménager son propre terrain sur le site voisin mais beaucoup plus étendu des Milles (105 Ha contre 23 !). Les expropriations nécessaires sont prononcées en octobre 1939 en même temps que la réquisition du terrain de l’Enfant et de 6 hectares supplémentaires du domaine du Château pour une éventuelle extension[19].
En août 1942, l’armée allemande envahit la zone sud et prend possession des deux terrains. Selon une tactique habituelle, ils ne construisent pas d’infrastructure en dur et dispersent les avions en périphérie des terrains. Des chasseurs Messerschmitt 109 notamment furent ainsi abrités aux Milles et protégés par de redoutables batteries antiaériennes de la Flak. Le terrain des Milles sera mitraillé le 6 août 1944, peu avant le débarquement en Provence.
Dès le départ des Allemands, la base des Milles est réquisitionnée par l’Armée de l’Air. de Marignane aux Milles. L’Armée de l’Air poursuivra ensuite son installation, dans la partie ouest de l’aérodrome, et en 1949, est créé le bataillon de l’Air 114 qui deviendra ensuite la Base Aérienne 114, jusqu’au départ définitif de l’armée en 2000. La piste en dur de 1 600m date de 1973.
En janvier 1945, l’Union Populaire Aéronautique de Provence (UPAP) est créée et s’installera dans la partie est de l’aérodrome et prendra peu après le nom d’Aéro Club de Marseille. En 1946 il existe un hangar en bois, aujourd’hui disparu, situé à l’emplacement actuel des locaux de l’ACAM Le hangar métallique actuellement occupé par l’ACAM aurait été récupéré sur un terrain situé à Meyrargues et remonté aux Milles par les membres du club. Le bâtiment en dur qui abrite actuellement le bureau du délégataire et le restaurant est érigé en 1954, c’était le club house.
Quant au terrain de l’Enfant, à l’issue de la guerre, il est inutilisable Un camp disciplinaire de l’armée américaine y fut installé jusqu’à la fin juillet 1946.
Il ne sera même pas mentionné dans l’arrêté du ministre des Transports du 6 février 1947 qui reclasse l’ensemble des terrains français.
En 1949, une demande d’autorisation de réouverture, probablement formulée par l’Association Coopérative de Pilotage de l’Aéro Club de Provence (ACP2), sera rejetée par le ministère des transports, la situation du terrain ayant été jugée incompatible avec l’activité du terrain des Milles situé sur le même axe. L’emplacement du terrain est aujourd’hui en partie occupé par un complexe sportif et des immeubles de bureaux et traversé par la D19.
L’ACP2, seule section qui restait de l’Aéro Club de Provence, s’installera à son tour aux Milles et finira par fusionner avec l’Aéro Club de Marseille qui prendra le nom «Aéro Club Marseille Provence» , puis en 1969 Aéro Club d’Aix Marseille (ACAM).
Historique de la présence militaire et civile sur l’aérodrome d’Aix‑les Milles
Ce texte rassemble les principales étapes de l’évolution du site des Milles, de ses origines militaires à sa gestion civile actuelle. Il est issu d’une compilation de sources, notamment Wikipédia, ReadkonG, Provence 7, Traditions Air, et les contributions du Général (2s) Yves Riondet.
Origines de la présence de l’Armée (1936–1939)
En 1936, l’État-major de la 4e Région Aérienne est transféré de Lyon-Bron à Aix-en-Provence. L’État envisage d’abord d’utiliser le terrain de l’Enfant (géré par l’Aéro-Club), mais son emprise limitée (~23 ha) se révèle insuffisante. En octobre 1939, une vaste opération d’expropriation permet à l’Armée de l’air d’acquérir un terrain de 109 hectares au lieu-dit « Les Milles » pour y installer une escadre de chasse. Les premiers aménagements débutent immédiatement, marquant le début officiel de l’histoire de l’aérodrome
Seconde Guerre mondiale (1940–1945)
En 1941, seuls quelques hangars et baraquements ayant servi à l’aéro-club et aux avions de liaison de l’État-major figurent sur le plan de masse. En 1942, lors de l’invasion de la zone Sud par les Allemands, l’État-major régional est dissous et le site est occupé par la Luftwaffe, qui y installe des chasseurs Messerschmitt et des batteries anti-aériennes. Lors de leur départ, le 6 août 1944, les Allemands détruisent partiellement les installations.
En 1945, malgré les dommages, l’Armée de l’air réinvestit le terrain. La Section régionale de Liaisons Aériennes n° 91 (SRLA 91), commandée par le lieutenant Parayre, y est transférée depuis Marignane avec 15 avions (Goéland, Simoun, MS 500 et N 1000).
Reconstruction et développement (1947–1969)
Entre 1947 et 1948, la reconstruction du site commence avec la construction de nouveaux hangars et l’allongement de la piste à 1 280 m. L’Escadrille de Liaison Aérienne n° 44 (ELA 44) y est affectée avec un parc de 16 appareils (dont un Stampe, cinq MS 500 et six MS 502). Le site s’enrichit progressivement d’unités spécialisées : une section de vol sans visibilité en 1954, un Groupe de Transmission Régional en 1956, et l’Escadrille de Réserve d’Aviation Légère d’Appui en 1958.
Affecté au ministère de la Défense en juin 1964, l’aérodrome est officiellement ouvert à la circulation aérienne publique en 1969, et classé comme aérodrome de voyage, d’aviation générale et d’affaires.
Nouvelle base et extension des missions (1970–1990)
En 1970, les travaux d’une nouvelle base aérienne débutent. En décembre 1972, une piste revêtue de 1 600 m de long sur 30 m de large est inaugurée, construite par le Génie de l’air. En 1975, la 4e Région Aérienne s’installe officiellement sur le site. Elle couvre alors 25 départements du Sud-Est, assurant des missions de défense des points sensibles, de soutien aux unités locales ou déployées, ainsi que des missions de défense civile.
En juin 1990, le site Mignet est transféré en totalité à l’Aviation Civile.
Restructuration militaire et déclin (1991–2004)
En 1991, dans le cadre du plan « Armées 2000 », la 4e Région Aérienne devient la Région Aérienne Méditerranée, toujours implantée aux Milles. Mais en 1998, une nouvelle phase de restructuration de l’Armée de l’air mène à sa dissolution effective le 30 juin 2000. Les bases relevant de son autorité sont transférées à la Région Aérienne Sud, basée à Bordeaux.
La base d’Aix-les-Milles, ayant perdu sa fonction stratégique, devient un Détachement Air à partir de l’été 2002. Celui-ci est définitivement fermé le 30 juin 2003. En 2004, le ministère de l’Intérieur y installe l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP), sur une superficie d’environ 20 hectares.
Gestion civile et période contemporaine (2002–2025)
Depuis février 2002, la partie aéronautique du site relève du Service de la Navigation Aérienne Sud – Sud-Est. La gestion de la zone civile, initialement confiée à la Chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence (CCIMP) dès 1980 sous le régime d’AOT, passe en 2014 à la société Aéroport Marseille-Provence.
Le 14 décembre 2017, l’État signe une convention de concession de 45 ans avec la société Edeis Management, qui prend officiellement la gestion de l’aérodrome à compter du 1er janvier 2018.
En 2022, un incident illustre le rôle toujours actif du site : un avion léger intercepté par un Mirage 2000 montre que les opérations de surveillance de l’espace aérien restent cruciales.
Aujourd’hui, l’aérodrome accueille jusqu’à 60 000 mouvements par an. Il est ouvert au trafic national, international non régulier, privé et VFR. Sa piste permet l’accueil d’appareils de plus de 30 tonnes.
À propos du Général (2s) Yves Riondet
Admis en 1968 à l’École de l’Air dans le corps du personnel navigant, le Général (2s) Yves Riondet a effectué l’essentiel de sa carrière sur Mirage 4 au sein des Forces Aériennes Stratégiques. Il a commandé l’Escadron de Bombardement 1/94 “Guyenne”, puis le CIFAS 328, avant de prendre le commandement de la Base Aérienne 943 de Lyon Mont Verdun.
Il a ensuite été nommé Chef d’État-Major, puis Commandant en second de la Région Aérienne Méditerranée à Aix-en-Provence, fonction qu’il a occupée jusqu’à la dissolution de la région en 2000.
Décidé en juin 1939 dans le cadre des aménagements d’urgence pour la Défense nationale (décrets-lois du 30 octobre 1935), le projet de création d’une plate-forme aérienne à Peyrolles – Meyrargues est confié au service local du Génie.
Le Gouvernement autorisa le ministre de l’Air à aménager discrètement des terrains d’atterrissage temporaires, en évitant toute expropriation coûteuse, grâce à une procédure permettant une occupation provisoire et indemnisée des terres agricoles, tout en maintenant les droits des propriétaires et la possibilité de remise en culture.
Dès novembre 1939, les expropriations secrètes sont engagées pour constituer une emprise de 110 hectares. Les travaux sont achevés avant juin 1940 et l’expropriation officialisée le 1er juillet 1940. Mais, après l’Armistice, le terrain est loué pour la culture dès mars 1941. Toutefois, il est rendu inutilisable par des tranchées creusées par les Italiens (1942-43) puis les Allemands (1944). Après guerre, le terrain est de nouveau cultivé de manière précaire, jusqu’à la décision ministérielle du 19 août 1946 d’en ordonner l’aliénation. L’aérodrome est alors définitivement fermé à la circulation aérienne par arrêté du 6 février 1947.
Note : Même si l’ACAM n’a pas utilisé le terrain de PEYROLLES – MEYRARGUES, son hangar aurait été installé sur ce terrain avant d’être démonté et transporté aux Milles.
- Revue « L’Azur » mai 1938 . Arhcives CCIMP
- Atlas Historique des Terrains d’Aviation 1919-1947. DGAC, mémoire de l’aviation civile.
Liens (sources) :
- http://u.osmfr.org/m/1175500/
- https://www.aixendecouvertes.com/lenfant-aerodrome-dtc-delta-base-les-milles/
- https://www.aeroclub-acam.fr/web/
- Carte du terrain historique
- Article sur le terrain de L’Enfant
- Pierre Moutin – L’aviation civile à Marseille 1910–1936 – Université de Provence – 1981
- Revues : « Voler faire voler », « L’Azur », « Le Petit Marseillais »
- Archives de la CCIMP, DGAC, Université de Provence
Pour l’Histoire Militaire d’Aix-Les Milles :
Sources principales pour le terrai Aix-Les Milles
- Wikipédia – Aérodrome d’Aix-les-Milles
- ReadkonG – Histoire de la base aérienne
- Provence 7 – Histoire militaire et civile
- Traditions Air – 4e Région Aérienne
- Contributions du Général (2s) Yves Riondet
Cet article doit sa réalisation en grande partie, au travail rigoureux de recherche et de rédaction mené par Yves Despas, membre honoraire, pilote au sein de notre aéroclub.